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La vie tumulteuse et violente de Jacques Mesrine,. Travaillant à la même table, Pierre le timide s'était enhardi et avait risqué un baiser que Monique lui avait rendu avec gourmandise. Depuis six mois qu'elle attendait qu'il se décide! Puis le miracle de l'amour les avait conduits à s'aimer, puis à se marier. Mon père était bel homme, sa ressemblance avec Gary Cooper et ses yeux verts le rendaient plein de charme.

Pour tout nid d'amour, une chambre-cuisine que ma mère avait rendue très vivable en la décorant agréablement.

Pour arrondir leurs fins de mois, tous deux travaillaient le soir, soit en roulant des cigarettes en grande quantité, soit en copiant des adresses sur des enveloppes. Ils étaient heureux. Ma naissance les obligea à déménager.

Mon père m'appelait, sa main caressait mes cheveux bouclés et tendrement il me disait tout en m'embrassant : — Viens là, mon petit jaloux. J'étais au chaud, je me sentais protégé. Mes rêves de bambin étaient peuplés de douceur. Un matin, de mon lit, je vis que ma mère pleurait.

Mon père était devant elle, buvant ses larmes comme pour éponger sa peine. Il y avait une valise à ses pieds. Mon regard croisa le sien. Il me prit dans ses bras et me serra si fort qu'il me fit mal. Il me reposa dans mon lit et se dirigea vers la porte. Ma mère revint près de moi ; elle ne pleurait plus, mais toute la tristesse du monde se lisait dans ses yeux. Je ne revis plus mon père. L'hiver fut beaucoup plus rude. Ma mère nous avait réunis dans la cuisine et y avait installé son lit.

Nous vivions dans cette seule pièce, les autres n'étant plus chauffées. Et puis, un jour, sans bien comprendre les événements, je vis toute la famille se réunir; il n'y avait que des femmes et quelques maigres valises autour de moi.

On m'habilla chaudement et tout le monde quitta l'appartement. Ces vacances imprévues m'amusaient. Les rues étaient pleines de monde mais les adultes qui m'entouraient avaient tous le regard douloureusement triste.

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La France était en train de perdre la guerre. L'exode commençait, les Allemands étaient sur le point d'envahir Paris. J'étais trop mino pour comprendre le désarroi que provoquait la gravité des événements. Comme bon nombre de Français, ma famille fut trimbalée à travers la France libre. Mon voyage se termina dans un village de la Vienne, à Château-Merle. J'y avais des cousins qui étaient fermiers. Mon premier bol de lait chaud me fit oublier les nuits passées sur les routes, le ventre à moitié vide, ayant pour toute couche la paille d'une grange et pour toute chaleur celle du corps de ma mère.

Quelques jours plus tard, je dis au revoir à maman qui était obligée de regagner Paris et m'enfuis pleurer dans un coin de l'écurie pour confier mes malheurs à un ânon. Et les mois passèrent. Un jour où je réclamais mon père, on m'expliqua enfin que celui-ci était prisonnier en Allemagne. J'étais devenu un vrai petit paysan. Le matin, levé de bonne heure, qu'il pleuve ou qu'il vente, je partais conduire mon troupeau de vaches au pâturage. J'avais une drôle d'allure, avec ma cape noire surmontée d'un capuchon, mon pantalon golf et mes galoches à semelles de bois.

Un aiguillon à la main, je remplissais ma mission sans broncher. J'appris à étudier les animaux, à les aimer. J'avais un chien pour compagnon. Nous avions des conversations très sérieuses ensemble.

Je lui parlais de mon père, de ma peine d'être séparé des miens. Il me consolait d'un coup de langue sur le visage ; il semblait aimer le goût salé de mes larmes.

Et puis nous retournâmes à Paris. Tout avait changé. Les rues étaient pleines de soldats allemands. Maman nous laissait parfois seuls. Nous couchions tous les trois dans le même lit pour avoir plus chaud. Les mois passèrent Un jour, en pleine nuit, je fus réveillé par des sirènes. On sonna à notre porte. Un homme se précipita sur nous et dit à ma mère: — Vite, à la cave, c'est un bombardement!

Maman lui dit qu'elle préférait rester dans son appartement, que de toute façon cela ne changerait pas les choses si les bombes tombaient sur notre immeuble. Il y eut d'autres alertes. Ma mère prit la décision de nous remettre chez nos cousins campagnards pour plus de sécurité.

De retour à la ferme, je repris mes activités de gardien de vaches. La vie était dure, mais je mangeais à ma faim. J'appris à faire le beurre au batteur, à faire le boudin en faisant cuire le sang de cochon dans des grandes marmites de fonte, à pétrir la pâte à pain, à préparer le four à bonne température en y faisant brûler des fagots de brindilles.

Je fis la moisson ; mes yeux admiratifs regardaient la batteuse séparer le grain de l'épi. Il y eut les vendanges où l'on me fit prendre ma première cuite. Très souvent, dans la conversation des adultes, j'entendais parler de massacres, de morts, de souffrances. Et puis, un jour, mon cousin arriva comme un fou dans le champ où j'étais en train de gambader avec mon chien. Il me prit par la main en me disant : — Vite, mon petit, rentrons! Les Allemands arrivent. Effectivement, une heure plus tard, la ferme fut envahie de camions.

Des hommes armés sortaient de partout. Ils avaient le regard dur et commencèrent à bousculer mon cousin tout en lui braquant un revolver dans le dos. Ils se mirent à visiter toutes les pièces de la maison.

Un homme qui semblait être le chef donna un ordre dans une langue que je ne comprenais pas; puis, s'adressant à ma cousine, il lui dit en français que ses hommes avaient faim et l'obligea à leur servir un repas. Toutes les tables furent sorties dans la cour de la ferme à cet effet. Ma cousine était furieuse, mais se calma quand mon cousin lui fit comprendre qu'il ne fallait pas s'insurger, sous peine de représailles.

Moi, je regardais ces hommes sans crainte, je n'avais plus peur. Puis je m'approchai de celui que j'avais entendu parler en français. Tu veux bien me le rendre? Il me prit sur ses genoux et me dit qu'il allait me le rendre très vite. Il me montra des photos de ses enfants, me parla d'eux de la même façon que mon père devait parler de moi dans son camp de prisonniers. Ma cousine, en m'apercevant sur les genoux de l'Allemand, arriva comme une furie et me dit : — Descends de là immédiatement!

Et vous, laissez cet enfant tranquille! L'Allemand la regarda, contrarié, et me remit sur mes jambes.

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Telle fut la réponse de ma cousine, blanche de colère. L'incident en resta là. J'étais môme. Je ne savais pas encore ce qu'était la haine. L'avenir allait m'apprendre à conjuguer ce verbe haïr sous toutes ses formes. Après les Allemands, nous eûmes des visites nocturnes d'hommes armés.

Ils n'avaient pas d'uniformes. Là, ma cousine était tout sourire. On m'obligeait à aller me coucher dès leur venue. Parfois, je redescendais de ma chambre, pieds nus pour ne pas faire de bruit. Je les surprenais tous réunis autour de la grande table de la cuisine. Les hommes mangeaient de bon appétit et buvaient tout autant. Mon cousin Hubert parlait plus souvent que les autres, qui semblaient l'écouter attentivement.

J'appris plus tard que c'étaient des résistants. Ils venaient s'approvisionner à la ferme autant de nourriture que de renseignements. Petit à petit on ne me fit plus monter dans ma chambre et j'appris à mieux connaître ces hommes qui luttaient pour que mon père me soit rendu plus vite.

Mon cousin m'avait pris à part pour m'expliquer que je ne devais jamais dire à personne ce que je voyais. Il me fit comprendre la gravité des choses et le risque pour nos vies si cela se savait. La ferme était isolée. Nous n'avions pour seuls voisins que les parents de mes cousins, qui eux aussi possédaient un élevage.

Mon vieux cousin était maire du village le plus proche, Savigny-Lévescault, qui se trouvait à deux kilomètres de la ferme. On m'y envoya à l'école. Je n'y appris pas grand-chose car j'y allais très irrégulièrement, les travaux de la ferme nécessitant ma présence.

Avec mes petits copains, on jouait à la guerre. On s'était fabriqué des mitraillettes en bois. Mille fois on tombait mort, mille fois on reprenait le combat. Les filles participaient à nos jeux ; elles soignaient nos blessures imaginaires en nous faisant des pansements de nos mouchoirs crasseux. J'appris à aimer ces armes de bois ; cette passion ne me quitta jamais plus.

Et puis, un jour, des explosions retentirent. Mon cousin nous fit monter dans une tour qui surplombait la ferme. De là, nous assistâmes à un vrai combat en règle. De notre poste d'observation on apercevait des hommes qui couraient. Des rafales de balles faisaient voler en éclats les fenêtres de la maison. Des hommes au loin tiraient sur d'autres hommes.

Les Allemands quittaient Poitiers. Depuis le débarquement en Normandie, c'était la débâcle pour eux. Sur leur chemin de repli, des groupes de résistants tendaient des embuscades. Semblables à celle tendue sur la route qui longeait la ferme. Les Allemands étaient en très grand nombre ; très peu d'entre eux s'arrêtèrent pour faire le coup de feu. Car le convoi ne stoppa pas. Puis les coups de feu cessèrent ; une dizaine de soldats allemands pénétrèrent dans la ferme et se mirent à la piller.

Nous étions à l'abri et mon cousin nous ordonna de ne pas bouger et de garder le silence. Puis les soldats disparurent, les bras chargés de victuailles. Nous attendîmes une bonne heure avant de sortir de notre cachette, le temps d'être certains que tout danger était passé.

Dès que nous eûmes regagné la cour de la ferme, un homme, le visage recouvert de sang et tenant une mitraillette dans les mains, s'approcha de mon cousin. Je le reconnus tout de suite ; il faisait partie de ceux que j'avais l'habitude de voir pendant les réunions nocturnes. Peux-tu me cacher, Hubert? Nous devions être trente pour déclencher l'attaque, on s'est retrouvés seulement sept au moment de l'action.

Quel massacre, mon vieux Mon cousin lui fit signe de le suivre et l'homme disparut de ma vue. Il devait se faire tuer quinze jours plus tard sur une autre attaque près de Saint-Julien-L'Ars. Tout à coup, nous aperçûmes un corps couché dans le fossé ; comme un pantin désarticulé, sa tête pendait sur le côté. Le sang coulait de sa bouche. Ce fut le premier contact que j'eus devant la mort et cela ne m'effraya pas. Je me mis à appeler mon cousin.

Mon cousin arriva et m'ordonna de foutre le camp. J'appris que plusieurs corps avaient été retrouvés et que mon cousin le maire s'était chargé de les enterrer dignement. Quelques jours plus tard, des voitures de résistants emplirent la cour de la ferme. Pour la première fois je les voyais en plein jour. Pas rasés, les visages fatigués faisaient peur à voir.

Des femmes au crâne rasé étaient debout au milieu de tout ces hommes qui les insultaient. Moi, je ne comprenais pas. J'étais malheureux devant ces femmes en larmes. Les hommes leur vidaient du vin sur la tête en les traitant de L'une d'elles avait le visage marqué par les coups et portait une croix gammée peinte sur le front. Elle ne disait rien, mais pleurait. L'un des résistants s'aperçut que mon regard la fixait. Il était déjà venu à la ferme, mais j'eus du mal à le reconnaître ; il était terrifiant, il dégueulait de haine.

Il s'adressa à moi : — Hé, l' Parigot, tu veux la voir à poil, cette salope? Sa main se posa sur l'encolure de la robe et il tira brutalement, déchirant l'étoffe pour laisser apparaître les seins.

Encouragé par les rires de ses compagnons, il s'acharna sur les lambeaux de tissu, et se mit à caresser la fille, qui se débattait tout en l'insultant. Pas vrai, les gars? Tous se ruèrent sur elle. Elle s'écroula au fond du camion. L'un des hommes leva la crosse de son fusil et lui frappa le corps en hurlant des injures.

Elle ne se releva pas. J'étais là, fixant ce spectacle. Je venais de, découvrir pour la première fois la nudité d'une femme.

Malgré mon jeune âge, cela m'avait bouleversé. Je ne comprenais pas cette haine, cet acharnement à faire souffrir une femme. Mon cousin s'aperçut de ma présence et m'ordonna de rentrer à la maison.

Il n'avait pas l'air content de ce qui se passait et s'adressa à l'un des chefs des maquisards qui donna à ses hommes l'ordre du départ. Les camions quittèrent la cour sous les cris et les rires. Je me mis à la fenêtre pour apercevoir la femme en espérant qu'elle se serait relevée. Non, rien! Peut-être l'avaient-ils tuée. Je n'en sus jamais rien.

Il y eut bien d'autres visites. Et puis, un jour, ma mère vint nous chercher.

J'appris par elle que la guerre allait bientôt se terminer et que nous pouvions regagner Paris avec elle. Ma première phrase fut : — Et papa, je vais le revoir, il revient? De retour à Paris je fus envoyé en classe. J'avais pris du retard comme beaucoup d'enfants de cette époque. De plus, je n'aimais pas l'école, ayant trop pris l'habitude de la liberté à la campagne. Je ne rêvais que de combats imaginaires.

J'avais un copain avec qui je faisais les quatre cents coups. Nous allions sur les bords de la Seine et faisions notre guerre avec des lance-pierres. Mes devoirs en souffraient car je n'ouvrais presque jamais mes livres pour étudier. Ma mère rentrait fatiguée de son travail et n'avait pas le temps de vérifier si ceux-ci étaient faits. Quand elle me posait la question, je lui répondais : — Oui, maman, j'ai terminé.

Elle se contentait de cette réponse. Telle une herbe folle, j'appris les vices de la rue. J'y retrouvais mes copains qui tout comme moi ne rêvaient que plaies et bosses.

Un jour, de retour de l'école, mon regard se porta par réflexe sur le balcon de notre appartement. Maman me faisait des signes. Un homme était à ses côtés, sa main droite reposait sur son épaule. Cet homme, sans le reconnaître vraiment, m'était familier. Je l'avais attendu, espéré, pendant six ans. Je me mis à courir comme un fou. Un cri s'échappa de ma gorge : — Oh! Essoufflé par les deux étages que j'avais montés en sautant les marches, je stoppai net devant notre porte.

Il était là bras ouverts, son visage et son corps étaient amaigris. Une grande fatigue se lisait dans son regard. Il me souleva et, ma tête sur son épaule, j'éclatai en sanglots. La vie reprit sa marche normale. Mon père mit un an à retrouver sa santé. Il fit plusieurs stages à l'hôpital avant de reprendre son travail. Il était courageux et remonta petit à petit son commerce de broderie qu'il avait créé juste avant la guerre. Des années passèrent. On m'avait changé d'école.

En vain. Trop occupé par ses affaires, mon père ne vérifiait jamais la tenue de mes cahiers, pas plus qu'il ne s'inquiétait à savoir si je savais mes leçons.

On m'aimait, mais on vivait à côté de moi. Dans ma rue, on avait formé une bande. J'étais tout fier d'en être le chef. Nous affrontions la bande d'une rue voisine dans des bagarres assez violentes pour des mômes de notre âge. Papa avait l'air content que je ne me plaigne jamais.

Au contraire, il paraissait satisfait de voir que j'étais capable de me battre et de me défendre. Parfois, nous nous cachions dans la cave. Nous jouions aux grands en s'offrant nos lèvres dans des baisers inexpérimentés mais pleins de tendresse.

Nous avions nos secrets et une trouille monstre de nous faire prendre par nos parents. Nous découvrions nos différences avec timidité et amusement.

Les amours d'enfants sont toujours propres. Nous n'avions personne à qui oser confier ces débuts de désir. Nous avions un peu honte de ces jeux.

J'avais douze ans, elle onze. Nous parlions des grands avec sévérité, de nos parents. Nous étions toujours d'accord pour dire qu'ils ne nous comprenaient pas. Comme de bien entendu, on s'était promis de ne jamais se quitter. Nous avions scellé ce serment en nous offrant mutuellement un cadeau. J'allais bientôt être séparé d'elle et personne ne se rendrait compte du vide que cela allait provoquer en moi. La joie première provoquée par le retour de mon père s'était amenuisée. Je l'avais imaginé comme un grand frère à qui je pourrais tout dire et qui participerait à mes jeux.

Il m'aimait, je le savais, mais il me laissait grandir sans constater ni corriger mes défauts. Je lui en voulais un peu de ce manque d'intérêt. J'aurais voulu qu'il me questionne longuement sur ce que j'avais fait de mes journées, me fasse réciter mes leçons et m'engueule pour ne pas les avoir apprises. Non, rien de cela n'arrivait. Il était là mais vivait comme en marge de ma vie. Pourtant les choses semblèrent changer.

Depuis son retour et à force de travail, il avait réussi à améliorer le rendement de son affaire Et c'est avec fierté que je pris place dans notre première voiture. Mes parents avaient passé leurs permis de conduire ensemble. Ma mère avait été reçue du premier coup. Papa, lui, avait dû s'y reprendre à deux fois. Je m'étais moqué de lui, accompagné du sourire ironique de ma mère. Intérieurement j'étais vexé de l'échec de mon père.

Pour moi, il était invincible. Cette voiture nous permit de faire de longues promenades en forêt lors des fins Se semaine. Je me sentis plus proche de mon père, car nous faisions de longues balades en sous-bois ; nous chahutions ensemble, allions à la pêche: sa passion.

Ces week-ends revenaient assez cher en frais d'hôtels. Mon père décida d'acheter une vieille ferme, le plus près possible d'une rivière. Il chargea ma mère de nous dégoter quelque chose de bien. Elle y arriva en moins d'un mois. La maison était dans un état lamentable, mais avait du style avec ses poutres apparentes et son toit de vieilles tuiles en terre cuite. La première fois que nous nous y rendîmes, il fallut arracher les herbes pour faire glisser la porte d'entrée.

Les vitres des fenêtres étaient cassées, les murs endommagés, mais tout de suite je fus emballé. Je l'imaginais une fois retapée et, surtout, j'y voyais l'endroit où je serais près de mon père pour les fins de semaine.

Nous passâmes nos samedis et dimanches à nettoyer, à repeindre, couper les herbes folles, décorer notre maison qui commençait à prendre une jolie tournure. Elle était ravissante avec ses yeux bleus et sa chevelure rousse. Elle s'appelait Raymonde et à chaque fois que je la rencontrais et que nos regards se croisaient je me sentais rougir jusqu'à la pointe des oreilles. Elle avait dix-huit ans, moi je n'étais qu'un môme et secrètement j'en étais un peu amoureux.

J'allais très souvent dans la ferme de son père. Il possédait des fusils de chasse et une carabine qu'il me prêta afin que j'apprenne à tirer. J'étais très doué et faisais mouche presque à tous les coups. Cela devint une habitude. Chaque dimanche, j'avais ma part de balles à tirer. J'étais assez fier de leur montrer mon adresse.

Parfois je partais tout seul en forêt, armé de ma carabine. Je tirais sur les branches, je jouais à la guerre, observant, écoutant les bruits que faisaient les animaux que ma présence inquiétait. Je passais des heures à marcher, la pluie ne me dérangeait pas. J'aimais ce contact avec la nature, j'aimais cette solitude.

Elle était là Ses petits yeux vifs me regardaient. A mon approche, elle ne s'envola pas. Les animaux étaient mes amis. Le savait-elle?

Je l'observai à mon tour en émettant de petits sifflements auxquels elle répondit. J'étais à trois mètres d'elle. Pourquoi fis-je le geste de la mettre en joue avec mon arme? Elle ne se soucia même pas de ma réaction. Je la voyais dans ma ligne de mire. Elle chantait toujours. Mon doigt appuya sur la détente d'un geste habituel. La détonation me fit sursauter car je croyais mon arme vide. Plus de chant Au pied de l'arbre, elle gisait là, sanglante, le poitrail arraché par le plomb.

Je ressentis une impression de vide total. Qu'avais-je fait? Je l'avais tuée. Ce n'était pas possible. Je pris son petit corps chaud dans ma main. Une tache rouge se dessina sur ma chair comme pour me marquer de mon crime.

Mes larmes tombaient sur son plumage comme pour l'imprégner de mes regrets et lui redonner vie. Il me fallut dix bonnes minutes pour me calmer.

Ma carabine gisait à terre comme un objet de honte. Je me haïssais pour mon geste. Je parlais à ma mésange morte. Je venais de découvrir qu'une arme tuait; je n'avais jamais tiré sur un animal.

Je les aimais beaucoup trop pour cela. Mon geste avait été accidentel, mais je ne me le pardonnais pas. J'aurais donné ma vie pour que revive cette mésange et que son chant m'accorde son pardon.

Dans un geste enfantin je lui avais creusé une petite tombe. Ce fut sûrement le plus bel enterrement que reçut un oiseau.

J'avais enveloppé son corps de pétales de rosé et entouré de fleurs sauvages le petit monticule que formait la terre qui la recouvrait. Une petite croix faite de brindilles indiquait comme dans les cimetières qu'ici Aussi étrange que cela puisse paraître, tout au long de ma vie ce fut toujours avec une certaine tristesse que je repensai à mon geste.

Cette mésange, c'était peut-être ce que j'avais de bon en moi que je venais de tuer. En tout cas, jamais plus de ma vie je n'ai tiré de nouveau sur un oiseau. Quand ma mère me vit revenir à la maison, elle ne comprit pas pourquoi je ressentais une telle peine.

J'avais trop honte de mon geste pour lui en parler. Pendant plusieurs semaines, je me rendis en pèlerinage au fond du jardin. Le dieu des mésanges y reçut sûrement mon message, puisque d'autres, par leur chant, vinrent me transmettre son pardon. Il m'arrivait en semaine d'aller passer une soirée chez ma grand-mère paternelle.

Je l'aimais. Son visage ridé était beau de la noblesse des ans. Ses cheveux argentés assemblés en chignon lui donnaient de la classe. Je me confiais à elle. Mais, comme elle idolâtrait mon père, elle me donnait toujours tort pour ma conduite auprès de mes parents. Et puis les mois passèrent. Devant le désastre de mes études, mon père décida de m'envoyer au collège. Je pris cela pour un abandon. On avait choisi pour moi sans se soucier de mes besoins affectifs.

C'était un des meilleurs collèges de France. Celui de Juilly. Il était tenu par des oratoriens. J'étais très en retard. Pourtant on ne trouva rien de mieux que de me mettre en 5e moderne en me faisant sauter la classe de 6e.

N'ayant pas les bases que les autres élèves de ma classe avaient reçues, j'eus tout de suite du mal à suivre. Je fus médiocre, sauf dans les matières qui m'intéressaient, les maths et la géographie. Par contre, je me défoulais sur les terrains de sport. La discipline était sévère et la messe obligatoire. Je m'étais fait de bons copains. La nuit, dans notre dortoir, on attendait -que le surveillant eût fait sa ronde pour sortir de notre lit et nous réunir dans un grand placard qui servait à entreposer les ustensiles de nettoyage.

On y fumait nos premières cigarettes. Nous étions cinq ; on se recouvrait la tête de cagoules faites dans de vieux morceaux de drap. Nous avions formé un clan. Chacun à notre tour nous sautions le mur le soir venu pour aller s'approvisionner en cigarettes et en cherry-brandy dans le petit café du village. Nous passions par l'arrière du bistrot et la patronne avec un sourire complice nous remettait ce que nous étions venus chercher.

Nous savions que si nous nous faisions prendre, c'était le renvoi immédiat. Mais comme notre petit groupe était composé de jeunes durs qui avaient un point commun : ne rien faire en classe, chacun d'entre nous affirma aux autres qu'il s'en foutait d'être mis à la porte de ce sacré collège.

Parfois ma mère venait me voir le dimanche et m'emmenait avec un de mes amis manger dans notre petit café. Jamais mon père ne se déplaça. Je le voyais pendant les permissions de fin de mois.

Parfois j'étais puni et obligé de rester au collège. Je me révoltais souvent. Deux ans passèrent ainsi. Mes notes étaient catastrophiques. J'étais passé en quatrième, mais en juillet , à l'approche des vacances, je me gardai bien d'annoncer à mon père que j'étais renvoyé. Nous devions partir en vacances à Hossegor.

Ce fut dans la salle de restaurant de l'hôtel que ma mère m'apprit la nouvelle que je savais déjà : — Ton père vient de me téléphoner. Il a reçu ton carnet. Tu es vingt-sixième sur trente-deux et tu es renvoyé. S'il avait su cela, tu ne serais jamais parti en vacances. Mais que va-t-on pouvoir faire de toi? J'ai pas attendu papa six ans pour être foutu dans un collège à curetons.

Une paire de gifles termina ma phrase. J'étais furieux et m'enfuis dans ma chambre en criant devant tous les gens qui me regardaient : — J' m'en fous J' m'en fous Pendant plusieurs jours, ma mère m'interdit d'aller à la plage. C'était ma punition. Dans le couloir de l'hôtel, il m'arrivait de croiser une magnifique jeune fille. Elle avait de longs cheveux noirs qui lui caressaient les épaules. Nos yeux se rencontrèrent et la lueur qui y brilla fut le scellement de mon premier amour d'enfant.

Elle s'appelait Christiane. On aurait dit une sauvageonne, ses yeux de jais me bouleversaient. Plus âgée que moi, avec ses dix-sept ans, elle m'impressionnait. J'étais tout fier de l'emmener à la plage; je l'admirais, je buvais ses paroles.

Notre premier baiser se passa dans la chambre de ma mère. J'avais tiré les volets pour que l'obscurité m'aide à cacher ma timidité. Car, là, j'avais une grande en face de moi! Elle n'était pas plus affranchie que moi et notre flirt eut la beauté et la pureté de notre âge. Cela dura toute la période des vacances. Ni ma mère ni ses parents ne se doutèrent de quelque chose.

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Avec mon canif nous nous étions fait une petite entaille au poignet et avions mêlé notre sang en gage de fidélité. J'avais vu cela dans un film. Le soir, seul dans mon lit, je rêvais de voyages et d'aventures. J'en étais toujours le héros Je sauvais Christiane des pires dangers et nous finissions toujours sur une île déserte. La réalité reprit sa place avec la fin des vacances. Notre séparation nous fit mal, car elle demeurait très loin de Paris et je n'étais pas certain de la revoir.

Nous fîmes le serment de nous écrire. Personne ne comprit pourquoi Christiane pleura en me quittant. Elle fut la responsable indirecte de ma première fugue, et cela un an plus tard. De retour à Paris, mon père ne me gronda même pas au sujet de mon renvoi. Il me dit seulement qu'il ne me remettrait pas dans un collège. Je fis donc mon entrée dans un lycée. Le résultat fut le même.

Si mes notes étaient sensiblement meilleures, je me battais souvent. Je manquais certaines classes pour aller au cinéma du coin. Parfois je volais de l'argent à mes parents pour me payer mes sorties, ou je m'inventais une inscription à un cours du soir tout en réclamant l'argent pour le payer.

Mes parents ne voyaient pas sur quelle route je m'engageais. Un soir qu'ils devaient sortir avec des amis pour aller écouter chanter Piaf, je leur demandai la permission d'aller au cinéma avec mon meilleur copain qui avait deux ans de plus que moi. Ils acceptèrent, sans se douter que je n'avais aucune intention de voir un film. Comme des grands, mon pote et moi avions décidé d'aller faire un tour à Pigalle. Bébert y connaissait une fille qui faisait le tapin. Lui avait déjà eu des expériences sexuelles avec des femmes.

Moi, je n'en était resté qu'à des échanges de caresses avec des mômes très pures. Quand il m'annonça le but de notre sortie, je fus tout de suite d'accord. J'allais bientôt avoir seize ans.

Loin de le détromper, je répondis par l'affirmative. Elle est belle, au moins, ta pote? J' lui ai parlé de toi, c'est d'accord. Elle veut bien monter avec toi.